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8月31日 PAS DE VACANCES POUR LA BETISE ET LE CAPITALISMEsamedi 25 août 2007
de La Louve Salut fraternel à toutes et à tous…. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’en cette période de congés (qu’on ait eu la chance de pouvoir s’aérer un peu ou pas), ça n’a pas été congés pour tout le monde. Une pensée, d’abord, à celles et ceux qui n’ont pas eu les moyens de les prendre, ces congés estivaux. Et un coup de chapeau pour les organisations qui se sont débrouillées ici ou là pour offrir 24 ou 48 heures d’oxygène à ceux qui ne pouvaient pas profiter des vacances. Bon, le soleil, c’est sûr, lui, était bien en vacances. Mais pas sur la France. Il devait être parti à Tataouine (c’est très joli, d’ailleurs, Tataouine), et si nous étions des païens, nous aurions immédiatement songé que nous étions ainsi punis pour avoir élu Sarkozy le 6mai. Mais la connerie, surtout à droite, elle n’a pas pris de vacances. Enfin, je dis « surtout à droite », mais je dois avouer qu’à « gauche » il n’y a pas eu de quoi pavoiser, le PS s’étant je pense, définitivement voué à la chronique biologique du couple Sarkozy : « Aujourd’hui, le Président a fait caca liquide. Avec ce qu’il coûte à l’Elysée en chocolat, il pourrait avoir la décence de faire caca dur. Le Parti Socialiste tenait donc à manifester son profond mécontentement ». La Hollande , l’autre pays du fromage ( pasteurisé). Et plein d’autres choses de ce genre de haute volée, comme lorsque Joffrin s’esbaudit sur l’attitude « rebelle » (sic) de Cécilia Sarkozy (qui a snobé la hamburger’s party des Bush pour aller « shopper » chez Prada, pour ceux qui ne le sauraient pas encore !) preuve d’une « indépendance totale de l’épouse face au mari », signant là une victoire de la cause des femmes… J’avoue que le jour où j’ai lu cet édito (mais bon sang, je me suis déjà promis mille fois de ne plus acheter, ni même emprunter ou voler, Libération) je me suis demandé si Joffrin ne maniait pas, en réalité, l’humour à un degré qui ne m’était pas accessible… Bref, c’est à peu près tout ce qu’on peut dire sur « la gauche », y compris la notre, pendant ces vacances, car elle a été relativement inaudible, non pas parce qu’on lui refuse de passer dans les médias, mais hélas parce qu’elle n’avait rien à dire ou qu’elle ne l’a pas dit comme elle aurait du. Alors, un premier conseil de rentrée à nos camarades élu-e-s : arrêtez le politiquement correct façon PS, vous avez le droit, non, le devoir, de renoncer aux précautions oratoires… Pourtant il y a eu matière et l’UMP and co nous offrent des pleines charrettes de conneries et de mensonges sur lesquels même un débutant pourrait se faire les dents. Mais non. On a préféré s’acharner sur l’angine blanche de Cécilia alors que, franchement, mais qu’est-ce-qu’on en a à foutre ?! Ainsi, il a fallu attendre quatre jours de campagne médiatique ordurière aux relents les plus vichystes (avec des manchettes du Figaro ou d’Aujourd’hui type « Les prédateurs sexuels sont dans la rue » ou « Un autre pédophile prochainement libéré de la prison de Caen ») suite à l’enlèvement et aux sévices subis par le petit Enis, pour entendre ENFIN les bonnes réactions (politiques) ici ou là, et notamment, pour que la gauche dénonce le manque de moyens dramatiques des établissements pénitenciers et du service public de la justice pour assurer le suivi, le soin et la répression efficace des délinquants sexuels. Ce ne sont pas les politiques qui ont le mieux le réagi, mais les professionnels et notamment les avocats, et je salue ici l’interview de Maître Henri Leclerc (ancien président de la LDH) sur France Info, qui a appelé un chat un chat et mis le doigt là où ça faisait mal. Au début, tout le monde s’est concentré sur cette affaire de Viagra, sur le mode du « Vous vous rendez compte Madame Michèle ? Du Viagra à un prédateur sexuel ? ». Le tout avec des airs de sous-entendu, comme si les médecins (futurs boucs-émissaires ?) étaient tous des complices de pédophiles et que leur incompétence était presque congénitale ! Pourtant, voir Dati et Sarkozy toutes canines dehors sous leur bronzage californien expliquer qu’on va « durcir davantage la loi sur la récidive pour les délinquants sexuels », sans expliquer ni comment, ni pourquoi, ni par quels moyens en argent et en hommes on va faire cela, ça donne bien envie de leur rentrer dans le lard non ?(Enfin, moi, personnellement, je ne peux plus les supporter. Dati, c’est bien simple, dès que je la vois, j’en ai les poils qui se hérissent). Qu’est-ce-qu’on attend comme autres drames pour dresser sans concession le constat terrible que la France est en train d’être dépouillée de ses services publics et prendre les mesures qui s’imposent pour nous y opposer ? Que des malades meurent dans les hôpitaux publics, faute de personnel, faute de lits, faute de moyens ? Que nos enfants se fassent classe tout seuls, faute de profs ? Qu’on doive aller chercher notre courrier directement à la Poste du coin (quand elle existe encore), faute de facteurs ? Qu’on pousse nos métros pour aller « travailler plus pour gagner moins », faute de conducteurs ? On nous explique qu’il n’y a pas d’argent?! Mais c’est faux et archi faux ! Et nous le savons. C’est sur qu’avec tous les cadeaux fiscaux faits aux riches, par contre, ça risque de faire des trous... Pareil pour cette grande dépendeuse d’andouilles de Christine Lagarde. Ah c’est sûr qu’elle faisait moins la maline qu’au perchoir de l’Assemblée quand elle a présenté sa loi pour les riches. Comment elle s’est fait souffler dans les bronches dis donc ! Quel dommage, Madame a du interrompre son stage de plongée à Porquerolles pour venir gérer les affaires courantes…et nous expliquer benoîtement, sur le ton de la méthode Coué, que tout allait bien Madame la Marquise, qu’il n’y avait pas de crise (ce qui est juste d’un point de vue sémantique, mais faux d’un point de vue technique puisque, si les banques centrales n’avaient pas dépensé nos devises à soutenir artificiellement les marchés boursiers, c’eût été la panique). Qu’on attendait toujours 3% de croissance et qu’avec cela, tout allait rentrer dans l’ordre. (Mais quel ordre ? L’ordre juste ?) Est-ce que nous sommes vraiment d’accord pour que notre argent, chèrement gagné, serve à sortir les spéculateurs financiers les plus agressifs de la ruine qui devait logiquement les attendre, plutôt qu’à recruter davantage de personnel qualifié pour assurer le suivi socio-judiciaire des délinquants sexuels, tiens, par exemple ? Comme c’est déplaisant de se dire que nos impôts et nos richesses servent à maintenir artificiellement en vie un système, manifestement en bout de course, qui ne fait que nous broyer et détruire nos vies, je veux dire, le capitalisme. Va-t-il falloir en arriver à faire de la résistance collective et à refuser de les payer, finalement, ces impôts, si mal employés ? Si peu employés pour le bien public ? Pour notre bien à nous ? Faut-il boycotter les banques, qu jouent avec notre argent mais nous le font payer très cher? Je ne parle pas de la perle juridique que nous a inventée l’Elysée ces derniers jours : l’application de la règle de droit « par extension ». Là, je reconnais que la spécialiste en droit public qui sommeillait pendant ces vacances a bien failli en avaler son café de travers…Cécilia Sarkozy est une continuité de son Président d’époux, il faut le savoir. C’est comme un troisième bras ou une cinquième poignée d’amour. Ce n’est pas écrit dans le texte, même remanié, du 4 octobre 1958, ce n’est même pas suggéré par une quelconque jurisprudence, mais ce n’est pas grave. Ce qui s’applique au Président s’applique « par extension » à Madame son épouse. Même Chirac n’aurait pas osé cela. « Cécilia n’ira pas devant la commission sur l’affaire libyenne puisque elle était émissaire personnel du Président dans cette affaire. Or, la Constitution n’autorise pas une telle commission à entendre le Président. Par extension, elle n’autorise pas l’émissaire personnel du Président à être entendu devant une telle commission ». Ou comment l’Elysée continue à violer le texte de la Constitution et à imposer une constitutionnalisation par les faits, comme cela l’arrange, quand cela l’arrange. Ou comment le fait du Prince redevient la règle. L’arrestation complètement hypocrite et scandaleuse de Marina Petrella parachève ce tableau du « Dormez tranquilles, Gaulois, nous veillons et nous mettons les terroristes hors d’état de nuire »… C’est quand même fou que dans notre pays, ça ne choque personne ( ou presque) de voir un mec comme Carignon refaire de la politique, se présenter partout, passer à la télé, débiter ses leçons de morale, alors qu’une ancienne brigadiste, dont l’action passée est certes discutable mais aussi contextuelle, qui a bénéficié de la protection de la France en contrepartie de l’abandon définitif de l’action violente, est traitée comme une criminelle à perpétuité, alors qu’en plus, elle n’a pas bougé un cil ni une oreille depuis des années ! Au nom de quoi ? Au nom de quel droit, de quels principes? En tout cas et manifestement la chasse aux ex-brigadistes est ouverte et la France mène le bal. Pas de quoi être fiers. Donc, tout va bien en France, et les porte-seau de l’UMP font assaut de diligences (à de rares exceptions) pour cirer les Churchs de notre bien-aimé Président et nous expliquer à la moindre occasion, comme il est grand, merveilleux, travailleur et comme ça va bien chez nous… Fallait entendre Dédé Santini sur RMC. C’était à vomir. Et ailleurs ? Ailleurs, on s’en fout… Enfin, soyons rassurés, puisque le 30 août prochain, la « Commission Attali » (vous avez dit Attali, l’ancien sherpa de Mitterrand ? Oui oui…) va entrer en fonction avec des « experts internationaux » (dont Mario Monti, Franco Bassanini, ou la très conservatrice espagnole Ana Palacio) pour étudier les freins à la croissance française et livrer un rapport en forme de solutions. On espère vraiment que le grand homme « de gauche » ne rencontrera pas, dans le procès qui le met en cause dans l’affaire Falcone, et au cours duquel il va être entendu en 2008 avec une quarantaine d’autres personnes, d’empêchement susceptible de contrarier la mission que notre cher Président vient de lui confier… La France, An I de la nouvelle République Bananière, (année zéro de l’intelligence et du bon sens). Camarades, on n’a pas fini de se battre. On s’en doutait, mais ça se confirme. Il va falloir faire preuve de pugnacité, de fermeté, sans doute, radicaliser nos luttes. Radicaliser nos "amitiés", aussi. Et du point de vue amitié, je remercie le PS qui nous offre vraiment l’occasion rêvée de nous débarrasser de lui et du vocable "gauche", dont il est la démonstration vivante que ce mot, pour l’instant, ne signifie plus rien. Ne pas oublier que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. En tout cas, c’est le moment d’être solidaires, fraternels, déterminés et organisés. Sur ce, bonnes fin de vacances pour les uns, et bonne rentrée pour les autres, La Louve PS : Là, j’apprends, que Marie George a dit hier que le PCF allait faire à la rentrée un meeting ou une manifestation contre la politique de Sarkozy. Je trouve que c’est une bonne idée, la manifestation (pas le meeting – assez de blabla et plus de guibolles). Avec défilé. Klaxons. Cornes de brume. Pétards. Banderoles. Drapeaux rouges.Chants révolutionnaires etc. Mais pitié, pas tout seuls Marie George !! Soyons unitaires sur ce coup là et tiens, commençons par nous assurer de défiler avec la LCR et la CGT. ---------- Collectif Bellaciao http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51893 8月20日 RATATOUILLEFilm d'animation américain réalisé par Brad Bird Studios Pixar (Toy Story, Le Monde de Nemo) Avec les voix françaises de Guillaume Lebon (Rémy) Thierry Ragueneau (Linguini), Camille (Colette), Julien Kramer (Skinner), Pierre-François Martin-Laval (Emile), Michel Dodane (Django). Contrairement à ses camarades qui se précipitent sur les détritus pour satisfaire leur appétit, Rémy choisit ses aliments et se délecte du mariage des saveurs en s’appuyant sur son odorat développé et son sens du goût. Un rat rebelle qui refuse sa condition, transgresse les interdictions familiales et nous entraîne dans des aventures rocambolesques pour vivre sa passion culinaire et s’imposer dans une profession qui déteste les rongeurs. Un personnage attachant, une histoire savoureuse dans un Paris dont la reconstitution et la qualité graphique sont époustouflantes, « Ratatouille » est un mets délicieux que petits et grands auront plaisir à déguster. 8月16日 Une victoire pour l'accès aux médicaments dans les pays en développementCommuniqué : MEDECINS SANS FRONTIERES
8月10日 Ode à l'Amour universelOde à l’Amour universel Amour, Amour, Amour, Tant de larmes en ton nom Alors que tu nous entoures, Que tu t’offres à profusion !
Tu es caché dans le rayon de soleil Qui chaque matin Caresse notre chemin Et tout doucement la terre éveille.
D’abondance tous les printemps tu nourris
Ranime de ses couleurs Nos regards par l’hiver endormis.
Si tu perles de pluie C’est pour nous abreuver de vie.
Tu fais briller de mille diamants La profondeur du firmament Et le ciel étoilé devient baldaquin, De nos rêves précieux écrin.
Tu surfes sur l’écume des océans Puis te fais bien sage, Pour ourler de doux flocons blancs Les flots de nos rivages.
Et depuis bien longtemps, Tu te balances au gré du vent, Pour égrener au fond de nos cœurs Les notes de douceur D’une autre humanité Que tu nous aides à inventer.
Amour, Amour, Amour, Depuis toujours, tu nous entoures !
Patricia DIEGHI Marseille, le 10 mars 2007 Hé bêê oui, le monde "MEUH"Hé bêê oui, le monde « MEUH » Marseille accepte l’invasion « pubovine » de la Cow-Parade Depuis le 11 juin et jusqu'au 11 octobre 2007, les Marseillais-es se retrouvent dans la rue, nez-à-nez avec un troupeau de vaches peinturlurées. Après Londres, Barcelone, Tokyo, New York, Bruxelles, Paris et d’autres luxuriants pâturages, la « Cow-Parade » envahi les lieux publics de Marseille qui selon son sénateur-maire, « devient le musée à ciel ouvert de cette grande exposition culturelle internationale » ! Pour les organisateurs de cette invasion « pubovine » rebaptisée « Marseille and Cow », plusieurs objectifs affichés : - « promouvoir l’art contemporain dans la rue en l’abordant avec humour et fantaisie », - « réconcilier le commerce et l’art, la commande et la création » mêê « le concept de la COW PARADE ne se contente pas d’une promotion décapée de l’art contemporain, c’est aussi un événement à but caritatif ».
Sous les pis de la vache à lait, « cow-ment » ça marche :
Pour la modique somme de 7500 euros hors-taxe, chaque sponsor privé (entreprises locale, nationales, internationales, commerçants, médias, particuliers) ou institutionnel aura droit à : - Choisir le modèle broutant, marchant ou couché d’une vache en fibres de verre vierge de toute décoration. - Sélectionner l’artiste de son choix ou parmi les artistes dont les projets figurent dans le book concocté par les organisateurs sur appel à candidature. - Etre présent dans le catalogue officiel et sur la carte géographique de l’exposition distribuée gratuitement et reprenant le parcours des vaches en ville, sur le site internet de « Marseille and Cow ».
Une fois l’animal relooké, il est exposé pendant trois mois dans des lieux d’affluence (touristiques et commerciaux -ndr) de commun accord avec son propriétaire et les organisateurs. L’attention des artistes a d’ailleurs été attirée sur l’importance de penser aux facteurs solidité et sécurité car « Marseille & Cow est un événement interactif qui permet au public d’approcher et de ressentir le design des vaches ».
Fin octobre, les propriétaires de certaines de ces « œuvres » seront sollicités pour une vente aux enchères dont 50% des bénéfices seront reversés à l’association « Pour le Fil d’Ariane » qui vient en aide aux enfants hospitalisés dans les établissements marseillais. En plus de la publicité supplémentaire dont ils bénéficieront, les gentils-sponsors-propriétaires participant à cette « opération caritative » se verront rétribuer de 25% du produit de la vente. Les 25% restant étant réservés aux gentils organisateurs qui ont déjà encaissé environ 472 500 euros lors de la première partie des transactions financières bovines (vente des 63 vaches). Sous couvert de rendre accessible l’art contemporain et d’aider des enfants hospitalisés en difficulté, « Marseille and Cow » est avant tout une opération publicitaire et financière particulièrement lucrative organisée par la CowParade Holdings Corporation et qui se répète depuis plusieurs années dans un nombre important de villes dans le monde entier. Les sponsors et les publicitaires maximisent leur visibilité, à moindres frais, en colonisant l'espace public qu'ils n'avaient pas encore pu atteindre et en créant un précédent qu'ils ne manqueront pas de réitérer. La Ville de Marseille complice de cette publicité camouflée et non-taxée qui s’expose dans nos rues va bénéficier de trois mois d’animation gratuite et médiatisée qui lui offriront des retombées positives en termes de fréquentation touristique, d’impact économique et peut-être le titre tant désiré de capitale européenne de la culture. Libéralisation larvée du secteur non-marchand
Quand le caritatif devient rentable pour les sponsors :
S’il est louable de vouloir soutenir une jeune association locale qui accompagne les enfants hospitalisés et offre des structures d’accueil aux familles éloignées, cela l’est moins de laisser le secteur social servir d’alibi aux bénéfices financiers d’une bande de commerciaux déguisés en philanthropes d’intérêt public. Quant au fait de supputer sur les recettes aléatoires d’une vente aux enchères pour en octroyer la moitié à une association caritative n’est ce pas un peu comme si le secteur social jouait en bourse pour s’autofinancer ? Le désengagement des pouvoirs publics oblige de nombreuses associations à se tourner vers des financements privés pour répondre aux besoins les plus élémentaires de la société. Si les enchères de « Marseille and Cow » rapportent, ne leur sera-t-il pas plus facile d’imposer la tendance actuelle qui est de réduire les subventions publiques afin d’inciter le secteur associatif à se faire financer par le privé ?
Hamburgerisation de l’art :
Le langage médiati-cow voudrait nous faire croire que des entreprises désintéressées font du soutien artistique.
Artistes utilisés comme des faire-valoir rarement sollicité pour s’exprimer sur ce qui est présenté comme leurs œuvres. Artistes qui ont chacun reçu, tel un croquis à colorier pour enfant, leur vache à peindre après que leur projet considéré comme « conforme à l’esprit de la manifestation » ait reçu l’accord des organisateurs. Artistes qui peuvent décorer la vache à leur guise sans en altérer « l’intégrité structurelle » ni en modifier les sabots qui permettent de fixer l’animal sur son socle. Artistes dont le nom (limité à 40 caractères) figurera sur la plaque commémorative fixée sur le socle de son œuvre dont il a transféré l’ensemble des droits à « Marseille & Cow » qui devient propriétaire des droits qui y sont rattachés. Pour être en droit de proposer un projet, les artistes doivent donner « la permission aux organisateurs de reproduire leur oeuvre ou design sur des supports officiels promotionnels ainsi qu’il est établi par la pratique internationale de la Cow Parade, incluant mais sans s’y limiter : des miniatures en porcelaine, des jouets en peluche/tissu, des vêtements, des tasses, des tapis de souris, des parapluies, des couvertures, des cartes e-mail, etc. »
Cette exposition d’objets préfabriqués qui a la prétention de faire partager l’art contemporain au plus grand nombre est une aliénation de la créativité artistique par la réduction du champ de possibilités. Quant à la dimension prétendument artistique de ce projet, la grosse vache à lait la bâillonne d’autant plus qu’elle s’est démultipliée au travers de ses cowpines les vaches miniatures qui représenteraient jusqu’à 40 % des ventes de certains revendeurs de souvenirs. Ou qui offrent leur charme bovin sur internet sous le nom de « XX larges cows » ou « mini cows » (85€ en moyenne) et qui se pavanent sur les paillassons cow-parade (31€) en nous invitant à « regarder les vaches autrement »
Quand la culture devient une marchandise :
Meuh voyons, braves citoyen-ne-s, grâce à « Marseille and Cow », l’art de la rue vient à votre rencontre. C’est pour votre bien que cette manifestation culturelle a été (démocratiquement ?) décidée. Pour les néophytes qui confondent ces œuvres d’art avec des pancartes publicitaires au point de les vandaliser ; pour les peu cultivés incapables de reconnaître la beauté dans les pièces de cet échiquier de la rentabilisation, et qu’il était grand temps de confronter à une œuvre d’art contemporain. Quant à ceux qui ne vont jamais au musée, « la ville qui bouge pour ses citoyens, toujours en quête d’une une expression culturelle accessible au plus grand nombre » a transformé Marseille en musée à ciel ouvert.
Ceux qui se prosternent devant le veau d’or voudraient nous faire croire que transformer les lieux publics en étable à bovidés bariolés par des peinturlureurs inspirés serait une forme d’art qui permettrait de rendre la culture accessible au peuple. La culture, qui nous est proposée est à l’image de ces animaux débonnaires symboles de l’abondance et du vide cérébral !
La culture, de belles parts de marché en perspective, mais pour toucher ce marché le plus largement possible il faut la rendre rentable. Et pour cela la formater, la standardiser, faire rentrer les œuvres de l’esprit dans le moule du marketing bienséant et bienpensant. Passer les singularités et les différences à la javel de la normalisation marchande et les esprits à la moulinette de l’uniformisation. Atteints du syndrome de Procuste*, ils ont oublié (ou n’ont jamais su ?) que la culture n’est pas un Organisme Génétiquement Modifiable. Que les valeurs de l’esprit qui sont les siennes ne se vendent pas en bourse mais se transmettent gratuitement car elle ne se conjugue pas au verbe avoir, mais se décline sur le registre de l’être.
Car n’en déplaise à ces marchands de culture, nous sommes des êtres, des homos sapiens et pas des vaches broutant dans leur pré privatisé ! La cow-hue que provoque cette culture pour ruminants, est un appel à l’émeuh-te ! * Procuste était un brigand qui arrêtait les passants sur la route de Thèbes et les allongeait sur son lit. Pour les mettre tous à taille unique, il coupait les membres qui dépassaient aux plus grands et écartelait les petits. |
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